Si tout cela pouvait décider les Libanais de ne plus mager de chair animale a commencer par le
POULET !!!!!!!!!!!
Au Liban, le cours du poulet s’établit chaque vendredi, mais de façon quasi informelle, cela se fait par téléphone, entre acheteurs et vendeurs. Le poulet
et les œufs sont des protéines animales peu chères, ils participent donc très largement à l’alimentation de base dans tout le Moyen-Orient. Mais depuis quelque mois, le cours du poulet a flambé
au Liban et en Syrie. Le poulet libanais est en quelque sorte victime d’une onde de choc internationale.
Sur les marchés de Russie, d'Europe centrale, et certains marchés d’Asie, les importateurs se sont progressivement détournés
des poulets produits en grande quantité au Brésil et aux Etats-Unis. Ce poulet américain est en effet considéré comme chloré (le chlore est utilisé au moment de l’abattage des volailles) et
Bruxelles a décrété un embargo sur ce type de poulet.
Résultat, il y a eu un transfert des achats des importateurs de Russie et d’Europe centrale vers le poulet du Moyen-Orient et surtout de la volaille élevée
en Turquie. Cela a entraîné des tensions sur le marché de la volaille élevée en batterie dans toute la région.
Au Liban, ce qui rend le marché encore plus volatile, c’est une forme persistante de grippe
aviaire. Cette maladie sévit toujours dans la région, sous une forme atténuée et cela oblige les petits élevages à lancer leur production très prudemment, sous étroite surveillance. Les
cycles de reproduction sont un peu plus long et il y a donc moins de volailles, moins de poussins, et moins d’œufs sur le marché.
Tout cela fait monter les cours depuis déjà plusieurs mois car l’offre de poulet de la région peine à
répondre à cette demande. Le cours du poulet au Liban cette semaine est de 2,30 dollars le kilo. A titre de comparaison, le poulet au Brésil ou en France se vend 1,40 dollars, 1,50 dollars ou
1,55 dollars. On observe des fluctuations sur ce marché de la volaille de l’ordre de 10, 20, 30 cents. Or, ici, avec un poulet à 2,30 dollars, le marché libanais - et par conséquent celui de
la Syrie - se trouve entre 80 et 90 cents au-dessus, soit plus d’une fois et demie au-dessus du cours mondial.
Par ailleurs, le cours du poulet européen ou brésilien étant moins élevé, on pourrait imaginer que le consommateur libanais consomme plutôt ce poulet
congelé d’importation, mais en fait, le marché local ayant été longtemps protégé, le consommateur libanais préfère son poulet local, même plus cher. De même, il y a peu de repli sur la
volaille de qualité, élevée en plein air, c’est un produit encore rare et peu prisé par le consommateur local.
Alors, on pourrait imaginer faire face à ce phénomène, l’offre de poulet est devenue insuffisante pour la demande locale, il suffit de construire de
nouveaux élevages. Mais il y a une autre contrainte : le manque d’espace libre au Liban, le pays est trop petit. Alors, la Syrie voisine pourrait développer de nouveaux
investissements. Le secteur bancaire se libéralise, tout en restant trop frileux face à de nouveaux investissements, et en pratiquant des taux d’intérêts trop élevés. Et les investisseurs
extérieurs restent aussi très prudents par rapport aux contraintes et aux risques politiques. De plus, la volaille syrienne n’a pas le droit d’entrer au Liban. Le marché et les échanges
existent, mais en contrebande.
Mais ce qui est paradoxal, c’est que le poulet reste la protéine animale la plus consommée sur le marché local, même si elle coûte presque le double de ce
qui se pratique de l’autre côté de la planète.
Dimanche 2 mai 2010
7
02
/05
/Mai
/2010
10:29
-
Publié dans : Maladies
-
Par vkarole
0
Derniers Commentaires